CARRIERES LONGUES & MATERNITE : le point sur le projet de "suspension" de la Réforme
Le point à mi-novembre 2025 sur le projet de suspension de la réforme concernant les Carrières Longues
Le PLFSS 2026 : de nouveaux piliers pour le dispositif "carrière longue" liés à la maternité et à l’éducation
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS 2026) intègre des mesures susceptibles d’alléger l’accès au départ anticipé “carrière longue”, en particulier pour les assurées ayant interrompu leur activité professionnelle pour maternité, adoption ou éducation d’un enfant.
1. Le dispositif « carrière longue » : rappel
Le dispositif “carrière longue” permet aux personnes ayant commencé à travailler très tôt et ayant cotisé longtemps de bénéficier d’un départ avant l’âge légal de droit commun. Depuis la réforme de 2023, selon la génération et l’âge de début d’activité, des départs à 58, 60, 62 ou 63 ans sont possibles.
Pour y accéder, deux conditions essentielles demeurent :
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avoir validé un nombre minimal de trimestres (souvent préalable à 16, 18, 20 ou 21 ans selon le cas) ;
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avoir atteint la durée d’assurance “cotisée” requise pour sa génération, en tenant compte du nombre de trimestres cotisés et assimilés.
Mais tous les trimestres ne se valent pas : certains sont “cotisés” (activité effective), d’autres “assimilés” ou “réputés cotisés” (chômage, maladie, maternité…). Et c’est précisément sur cette dernière catégorie que la réforme trouve sa densité.
2. Qu’apporte concrètement le PLFSS 2026 pour la maternité/éducation ?
L’article 45 du projet prévoit deux évolutions majeures :
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l’intégration, pour l’éligibilité à la retraite anticipée “carrière longue”, de trimestres issus de majorations de durée d’assurance (MDA) liées à la maternité, l’adoption ou l’éducation d’un enfant. En clair : des trimestres auparavant considérés comme “non cotisés” pourraient désormais être traités, dans une certaine limite, comme s’ils l’étaient. CFDT Retraités+2La Revue Fiduciaire+2
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une limite à cette reconnaissance : seules deux trimestres maximum pourraient être concernés pour ces majorations “enfants”. Bourse Inside+2Notretemps.com+2
Par ailleurs, une seconde mesure va dans le sens d’une meilleure prise en compte des carrières féminines : pour les mères de famille, le calcul de la pension pourrait reposer sur un nombre de “meilleures années” réduit : 24 meilleures années pour celles ayant un enfant, 23 pour celles en ayant deux ou plus. Notretemps.com+1
L’entrée en vigueur de ces mesures est prévue pour les retraites prenant effet à partir de septembre 2026. Bourse Inside+1
3. Pourquoi c’est important ?
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Pour les assurées concernées, ce complément peut faire basculer l’éligibilité au dispositif “carrière longue” : certaines femmes ayant des trimestres majorés “enfants” mais pas suffisamment de trimestres cotisés pourraient désormais être admises. Notretemps.com+1
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Sur le plan sociétal, cette mesure vise à compenser les effets de trajectoires professionnelles interrompues ou hachées, davantage fréquentes chez les femmes en raison des maternités, congés parentaux ou temps partiels. Ma Nouvelle Vie+1
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Cela crée également une nouvelle variable à surveiller dans la préparation de la retraite : au-delà du nombre de trimestres, il faut désormais intégrer l’origine des trimestres et leur qualité (cotisés / réputés cotisés) : une nuance que nous évoquons régulièrement au sein de LA CLEF RETRAITE.
4. À quoi cela correspond-il concrètement ?
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Si vous êtes assurée ayant bénéficié de majorations “enfants” (maternité, adoption, éducation) vous pourrez, sous conditions, voir jusqu’à deux trimestres de ces majorations requalifiés “comme cotisés” pour l’accès à la retraite anticipée “carrière longue”.
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Concernant le calcul des pensions, pour les mères d’un enfant : prise en compte des 24 meilleures années ; pour les mères de deux enfants ou plus : 23 années au lieu de 25.
➡ Il ne s’agit pas d’un effet massif mais d’un “ajustement”, qui peut faire la différence pour certains profils.
5. Ce qu’il reste à surveiller
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Le texte doit encore être adopté définitivement par le Parlement, puis des décrets d’application seront publiés. Rien n’est garanti à ce stade.
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La limite de deux trimestres maximum pour la requalification “enfants” réduit fortement l’impact potentiel. Bourse Inside
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Même avec ces ajustements, le respect de toutes les autres conditions du dispositif “carrière longue” reste impératif : début d’activité précoce, durée d’assurance suffisante, âge minimum, etc.
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Pour chaque situation individuelle (régime, statut, interruptions, majorations…), un examen point-par-point est nécessaire.
6. Notre conseil chez LA CLEF RETRAITE
Pour optimiser vos droits :
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Faites vérifier par un expert votre relevé de carrière afin de comptabiliser tous les trimestres cotisés, assimilés et majorations “enfants”.
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Simulez votre date de départ possible en “carrière longue”, en intégrant les deux trimestres “enfants” potentiels.
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Anticipez le dépôt de votre demande de retraite afin de ne pas attendre la dernière minute.
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Contactez-nous pour un accompagnement sur-mesure : nous analysons votre situation génération, régime, carrières longues, majorations… et nous vous conseillons sur les actions à mener rapidement.
En conclusion : le PLFSS 2026 introduit un petit “levier” supplémentaire pour certaines assurées, notamment les mères, dans le cadre du dispositif “carrière longue”. Si ce n’est pas une révolution, c’est une évolution utile — et pour un cabinet comme LA CLEF RETRAITE, c’est l’occasion de vous aider à tirer le meilleur profit possible de ces nouveaux paramètres.